DES VIES VIOLÉES

Par Caroline Six

Ce reportage a été réalisé grâce au soutien du Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH), l’ONG Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains (ACIDH), et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).

Il a obtenu la bourse Getty Images Creative Grant et le coup de coeur de la 50ème Bourse du Talent.


Avec 48 viols par heure selon une étude spéculative réalisée par l’American Journal of Health, la République Démocratique du Congo continue d’être tristement célèbre pour être la « capitale mondiale du viol ». Un statut dont elle n’est pas en passe de déchoir selon Margot Walström, représentante spéciale de l'ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants.

Utilisé comme arme de guerre lors du conflit qui a déchiré l’est du pays pendant une dizaine d’années, le viol – massif dans la plupart des cas et commis tant par des civils que des militaires – n’a cessé depuis de ravager les communautés. Le contrôle des ressources minières abondantes est un des enjeux principaux du conflit.

L’hôpital général de Panzi à Bukavu, dans la capitale provinciale du Sud Kivu, a reçu à lui seul 16000 victimes de viols depuis 2000.

L’absence de sanctions efficaces, la désorganisation du système judiciaire et la sous-estimation des préjudices subis encouragent la multiplication et l’extension du phénomène. Les coupables sont rarement inquiétés, jugés ou arrêtés pour leurs crimes. Pour les jeunes filles et les femmes, victimes également de mutilations sexuelles, de mariages et de prostitution forcés, c’est souvent la double peine. Détruites physiquement et psychiquement, considérées comme « salies » et « déclassées », elles finissent par être rejetées par leur communauté.

Par crainte, par ignorance de leurs droits, nombre d’entre elles se réfugient dans le silence.




VOIR LES PHOTOS

FINALISTE DE LA 57ème BOURSE DU TALENT 2013

AFTERMATH GRANT FINALIST 2013

COUP DE COEUR DE LA 50ème BOURSE DU TALENT 2012

GETTY IMAGES CREATIVE GRANT 2011